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Maîtrise d'ouvrage _ Communauté de Communes Ouche et Montagnes

Maîtrise d'oeuvre _ Hors-les-Murs Mandataire + Haptomai Architectes associé

Bureaux d'études _ Arborescence + Setib + Economia + Planair + Briselance + Link acoustique + Atelier benjamin Mesnager 

Programme _ Construction d'un siège Communautaire à la parcelle

Surface : 1744 m2 

Budget : 4 400 000 € H.T.

SIEGE COMMUNAUTAIRE OUCHE ET MONTAGNES 

Il existe des territoires qui n'appellent pas une architecture spectaculaire. Ils réclament davantage une présence silencieuse, capable d'accompagner les formes déjà écrites par le temps. À Mesmont, entre le plateau calcaire de l'Auxois et les premiers replis de la vallée de l'Ouche, la parcelle apparaît d'abord comme une frange. Ni tout à fait naturelle, ni véritablement urbanisée, elle constitue un territoire de transition où les herbes hautes, les lisières boisées et les sols humides accueillent une biodiversité discrète mais précieuse. Ce paysage, souvent considéré comme un vide, est en réalité un lieu profondément habité.

Notre première décision fut donc de ne pas occuper ce sol, mais de composer avec lui. Le bâtiment se soulève légèrement sur une série de voiles de béton qui limitent son emprise physique et permettent aux continuités écologiques de se poursuivre sous son plancher. Cette distance instaurée avec la terre préserve autant les écoulements naturels que les refuges de la faune locale. Depuis cette nouvelle altitude, les bureaux, les espaces de réunion et la salle du conseil redécouvrent les horizons ouverts sur la vallée de l'Ouche et le bocage environnant. 

La figure choisie est celle d'une halle. Non par nostalgie, mais parce qu'elle constitue encore aujourd'hui l'une des expressions les plus justes de la culture constructive de la Côte-d'Or. Sa silhouette simple, son toit à deux pans, sa trame régulière et ses généreux débords appartiennent déjà au paysage. Le projet ne reproduit pas le hangar agricole ; il en prolonge l'intelligence constructive pour accueillir une institution publique. Ainsi, l'architecture devient familière avant même d'être comprise.

Cette logique se poursuit dans la matière même du bâtiment. L'ensemble de la structure est réalisé en bois, tandis que l'isolation est assurée exclusivement par des bottes de paille, depuis les façades jusqu'aux caissons de toiture, mais également dans le plancher bas. Chaque élément participe à une même cohérence constructive : employer des ressources renouvelables, réduire l'empreinte carbone, privilégier les filières sèches et rendre le bâtiment évolutif dans le temps. La structure poteaux-poutres demeure visible, assumant son rôle autant technique qu'architectural. Le bardage vient alors dialoguer avec cette trame, alternant ombre et lumière, profondeur et vibration, jusqu'à faire ressentir le rythme même de la construction. 

À l'intérieur, le bâtiment s'organise comme une grande halle habitée. Les espaces techniques prennent place à l'est, au plus près des accès logistiques. Progressivement, les usages deviennent plus publics jusqu'à atteindre, à l'ouest, l'accueil, les espaces de convivialité et la salle du conseil largement ouverte sur le paysage. À l'étage, un vaste plateau administratif se développe autour d'une bande servante centrale, offrant des espaces lumineux, naturellement ventilés et facilement reconfigurables. Cette simplicité d'organisation permet au bâtiment d'accompagner les évolutions futures de la collectivité sans remettre en cause sa structure première. 

L'expression architecturale choisit enfin la retenue. Le douglas AOC, protégé par une peinture minérale à l'ocre verte, adopte une tonalité douce qui dialogue avec les prairies, les mousses et les feuillages plutôt qu'elle ne cherche à s'en distinguer. Les larges débords de toiture prolongent naturellement les espaces extérieurs et protègent les façades du soleil. Les stores screen complètent cette stratégie bioclimatique en filtrant les apports estivaux sans rompre le lien avec le paysage. Autour du bâtiment, une épaisse lisière végétale présente une infrastructure écologique. Elle atténue les nuisances sonores de l'autoroute, produit de l'ombre, infiltre les eaux pluviales et accueille les espèces qui occupaient déjà les lieux : oiseaux, petits mammifères, insectes et flore spontanée. L'architecture ne clôt pas le paysage ; elle lui offre une nouvelle lisière. 

Construire un siège communautaire revient alors à bâtir davantage qu'un équipement administratif. C'est proposer une manière d'habiter un territoire commun. Une architecture qui ne domine ni le relief ni le vivant, mais qui accepte de prendre place parmi eux. Une architecture dont la présence se mesure moins à sa visibilité qu'à sa capacité à rendre le paysage plus lisible, plus habitable et plus durable. C'est probablement là que réside aujourd'hui la véritable modernité : dans la discrétion.

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